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La collection Douët



Riche de plus de 5 000 œuvres, le musée est le fruit de la passion du collectionneur Alfred Douët. Mais qu’est-ce qu’une collection ? Si l’on s’en tient à la définition du dictionnaire, il s’agit d’un loisir consistant en un regroupement d’objets correspondant à un thème défini. Mais la collection est bien plus qu’un amas d’objets : résultat d’un choix raisonné, certes ostentatoire mais toujours affectif, elle est le reflet de la personnalité du collectionneur.

On a souvent parlé de collectionnisme pour caractériser ce hobby des notables visant à établir des collections de prestige pour exhiber leur richesse ou asseoir leur réputation. Mais Alfred Douët poursuit un autre projet : rendre à la maison consulaire son lustre passé en reconstituant des ensembles mobiliers ayant pu exister autrefois. Et bien qu’il soit le digne héritier des grands collectionneurs de la Renaissance, son idéal reste avant tout historique.

Le collectionneur Alfred-Douët

Sa vie

Alfred Douët

Né à Saint-Flour en 1875, Alfred Douët est le fils unique d’une famille de notables. Son père, Léon Douët, dirige la banque familiale et occupe plusieurs fois la fonction de maire de la ville. Licencié en droit et inscrit au barreau, Alfred Douët n’exerce pourtant pas sa profession d’avocat, préférant se consacrant à sa passion première, les chevaux. Il crée ainsi l’un des plus importants élevages du Cantal et écrit quelques articles dans des journaux spécialisés.

De son premier mariage en 1903, il aura deux fils, Guy et Bertrand, qui mourront en 1936 et 1941 de la tuberculose. Devenu veuf en 1920, il épouse en secondes noces Marie Rose Cotantin en 1922.

Engagé volontaire en 1914 comme lieutenant au Train des Equipages, il sera décoré de la Croix de Guerre puis fait Chevalier de la Légion d’Honneur.

Il meurt à Paris le 27 janvier 1952, des suites d’une pneumonie contractée lors d’une séance d’équitation.

  Son œuvre

Sa passion pour l’art et l’histoire est inaugurée au début du XXème siècle, lorsqu’il installe sa famille au château des Ternes, près de Saint-Flour. Acheté en état de quasi-ruine, Alfred Douët le restaure, le meuble et rédige une monographie sur ce château qui restera dans la famille jusqu’en 1973.

Chateau des Ternes

A partir de 1914, il procède au rachat de la maison consulaire de Saint-Flour alors divisée en plusieurs lots. Il obtient le classement des bâtiments au titre des Monuments Historiques en 1928 et débute alors la rénovation. A partir des années 30, il va régulièrement à Paris, à l’hôtel Drouot, pour enrichir sa collection et procéder ainsi à l’aménagement intérieur de la maison consulaire.

En 1948, alors que l’œuvre touche à son aboutissement, il rédige son testament, léguant à la Caisse d’Epargne de Saint-Flour la maison consulaire et l’intégralité des collections qui s’y trouvent, à charge pour elle d’en faire un musée qui portera son nom. Le musée ouvrira ses portes au public en 1968.

 

Un écrin pour les collections

Les consuls

L’acquisition de la maison consulaire est hautement symbolique pour un notable et fils de maire, car le bâtiment fût le siège du pouvoir civil et administratif durant cinq siècles. En effet, de 1249 à 1760, trois consuls, équivalents de nos maires actuels, étaient élus tous les lundis de Pâques afin de représenter les intérêts de la ville et de ses habitants.

Les consuls s’installent en 1354 sur la Grant’Plassa, actuelle place d’Armes, en regard du pouvoir religieux détenu par l’évêque dont le palais se trouvait de l’autre côté de la place.

En 1701, les habitants décident de se doter d’un maire qui cohabitera avec les consuls jusqu’en 1760, date à laquelle l’administration consulaire disparaît au profit d’un mode de gouvernement municipal.

 

Le bâtiment

C’est vers 1540 que les consuls dotent l’édifice d’une remarquable façade Renaissance contrastant avec l’austérité de la cathédrale gothique. Fleuron architectural de la ville, elle présente un répertoire décoratif s’inscrivant dans la suite de celui réalisé au château de Chambord à la demande de François Ier et typique de l’italianisme de la Renaissance française. Il est à noter que ce type de décor est très rare en Auvergne, tout comme les maisons consulaires encore existantes dont on compte trois exemples dans le Cantal (Saint-Flour, Murat et Aurillac)

Cour intérierure musée Alfred DouëtUn mur de la tourelle d’escalier, visible depuis la cour intérieure, conserve une peinture murale du XVIème sur laquelle on peut lire en lettres gothiques la devise des consuls : « Du don de Dieu ou de mes maîtres ».

Il ne reste rien du décor intérieur qui devait exister à la Renaissance. Seuls des lambris du XVIIIème dans la bibliothèque, inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, témoignent des aménagements intérieurs du bâtiment avant le rachat par Alfred Douët. D’autres décors sont inscrits à l’Inventaire bien qu’ils soient issus de remplois de portes ou cheminées réalisés par Alfred Douët.

 

La constitution de la collection

Les acquisitions des œuvres présentes dans les collections sont de plusieurs natures. Si beaucoup d’objets ont été acheté en vente publique à l’hôtel Drouot par Alfred Douët dans les années 30, il a également acquis des œuvres auprès d’antiquaires locaux, de familles ou d’artistes. Il a également collecté lui-même des objets archéologiques en visitant certains sites et a rapporté du mobilier et des œuvres d’art du château des Ternes.

Le lac Chambon Maurice BUSSET

Ces différentes sources d’acquisitions témoignent de sa détermination de collectionneur autant que de l’éclectisme de ses goûts.

Depuis 1968, quelques dons sont venus enrichir le musée, ainsi que des acquisitions et dépôts faits par la Fondation Caisse d’Epargne pour l’Art et la Culture.

Christ en Croix, émail champlevé XIIIème, don DruilheAujourd’hui, les collections du musée Alfred-Douët couvrent plusieurs millénaires depuis la Préhistoire jusqu’à la première moitié du XXe siècle, et sont géographiquement issues de l’Europe entière (quelques pièces proviennent même d’Asie). Les domaines les plus représentés sont le mobilier, les beaux-arts (peinture et sculpture) et les arts décoratifs (tapisseries, émaux, céramiques et verreries) mais d’autres secteurs sont présents (archéologie, armement, sigillographie).

 

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